« Avec le recul et des années de pratique, touchée par les récits et souffrances qui m’ont été rapportées, mon expérience de psychanalyste me permet de traduire cet univers qu’est l’emprise qu’il convient de creuser afin de s’en protéger… »
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Dans son développement le narcissique œuvre sur le principe de l’inclusion et l’exclusion, un mode de fonctionnement qui règne sur la loi du silence « interdiction de dire ». Une organisation mentale où toute vérité se doit d’être déviée voire effacée. Dans son action, la dynamique qui s’en suit est par nature un mode d’exploitation, une condition absolue qui a pour effet de neutraliser et ferrer, discréditer et disqualifier, l’objet sélectionné en l’enfermant dans la violence de l’expérience subie « réduit à l’utilité ».
Pour le sujet narcissique les autres n’existent que dans la mesure où ils se montrent à la hauteur de toutes ses attentes, de tous ses désirs. Un cercle vicieux d’autosatisfaction, d’autoguérison pour masquer la vacuité terrifiante qui peut le désarmer « insécurité intérieure profonde ». En l’idolâtrant, ils gagneront son admiration et prendront part à son pouvoir « alliances sournoises et déviantes… ».
Par ailleurs, ceux « ou celles » qui ont cette capacité à distinguer le réel du fantasme, ceux « ou celles » qui s’épanouissent dans une vie d’adulte émotionnellement riche « empathie » productive et satisfaisante, ces personnes-là seront exploitées.
Les narcissiques sont des maîtres incontestés de la séduction « pour vous empêcher de réfléchir » de la manipulation « pour que vous tombiez dans leurs filets » du contrôle « pour construire un rapport de force, d’emprise, de domination et de possession ». La manipulation devient véritablement toxique dès lors où le narcissique n’a pas conscience de l’existence de l’autre, efface les différences, les limites et les distinctions. Tout en masques et faux semblants pour tromper son monde, tout en cachette et en coulisse, ce personnage se repaît du narcissisme de l’autre en l’enfermant dans un filet serré de contrevérités « non-dits…calomnies et conflits ».
Le plus surpris, le plus meurtri, le plus instruit prédestiné à accepter l’inacceptable sera considéré comme un support psychique « subir l’influence négative et souterraine du narcissique toxique » à dévitaliser. On repère avec effroi une violence inouïe.

Le climat où souffle l’emprise…
Que m’est-il arrivé ?
Pourquoi ai-je accepté ?
Pourquoi suis-je resté ?
Qui n’a pas vécu l’emprise ne peut comprendre cette peur de dire, cette incapacité à rebondir, cette angoisse de partir, cette terreur de souffrir.
…joie et sourire ne sont que des souvenirs…
Partout où souffle le vent de la toxicité qui instille soupçon, silence et secret, qui distille tout un faisceau de négativité se cache l’abus narcissique.
La nature insidieuse du narcissique qui a choisi d’exister dans le registre de la manipulation, le paraître, le prestige et parfois même la cruauté se complaît dans l’obscur et l’ambigüité. L’autre est un objet, un objet à utiliser sans jamais le considérer, un faire-valoir pour se compléter en pratiquant un rapt d’identité. Tout ce qui n’est pas lui ne le concerne pas et pour arriver à ses fins « naviguer progressivement dans le paysage émotionnel de sa proie » il se doit d’utiliser la ruse « masque de séduction-de serviabilité-de victimisation ».
Ne donnez à personne, la possibilité de vous contrôler par la force, la peur et l’autorité car une main mise sur l’esprit est une main mise sur la pensée.
Trouver la force de résister…
Mettre en mots ce que vous pensiez connaître et qui n’existe pas « illusion » c’est franchir une étape clé vers le respect de soi…
C’est pour ne plus y toucher, comprendre comment au fil du temps se rejoue une réplique du passé « abandon-manque affectif-assujettissement-instabilité-surcontrôle-imperfection… ».
C’est accepter de démêler le vrai du faux de cette version de vous-mêmes « mécanismes de défense bien rodés » pour ne plus se retrouver piégé dans des relations à sens unique, des relations où l’on se sent menacé, où la honte et la culpabilité constituent des obstacles pour se dépasser.
Nous ne pouvons réparer ce qui est advenu mais nous pouvons symboliser ce que nous avons connu pour ne plus choisir de vivre dans l’insécurité.
Dénoncer sa souffrance, celle qui se répète, celle qui assombrit votre vie…
C’est abandonner vos murmures habituels.
C’est se défaire en fonction de vos histoires personnelles imparfaites ou traumatisantes de ces turbulences intérieures qui maintiennent un climat d’instabilité profond.
C’est découvrir et apprécier certains aspects de votre personnalité que vous avez longtemps reniés, ignorés voire rejetés.
«Ne fais jamais de quelqu’un ta priorité
Maya ANGELOU…romancière américaine et poète…
quand tu n’es pour lui qu’une simple option… »
