Le savoir-faire et la peur d’échouer

mer. 14 Jan 2026

Responsabilité et réciprocité…

Dans ce monde qui cultive la forme avant le fond, notre société face à l’altérité se sent menacée d’où cette arrogance, ce mépris, cette jalousie, cette médisance, cette haine.

Ce qui dérange, c’est cette vibration énergétique plus élevée que la moyenne qui jaillit, crée et va bien au-delà des apparences. Une connexion à soi qui libère ce besoin vital de cohérence, d’unisson et de bienveillance afin de l’incorporer à sa réflexion. Le narcissique créateur porte en lui les graines de l’assurance, une image de soi authentique plutôt qu’un déguisement « masque ». Cette structure bien ancrée permet de développer des sentiments profonds de responsabilité et de réciprocité « empathie ». Ce fonctionnement positif, c’est une part de moi chez l’autre, le lien, le commun, le partage, une transmission d’énergie au pouvoir réparateur, une capacité à ressentir autrui dans ses émotions.

Être dans l’empathie, c’est prendre en considération l’avant, l’après, c’est accéder à l’expression la plus juste, la plus vraie. C’est grâce à cette richesse intérieure que nous pouvons nous démarquer, les relations reposent alors sur de bonnes frontières, une forme de reconnaissance et de respect de l’intégrité de chacun. Il n’y a pas de cliché, de manipulation voire un esprit de compétition, mais juste un équilibre solide entre sa capacité à percevoir l’autre et son intention à soi.

Les violations de frontière…

Derrière une façade faite de réussite, de contrôle, de pouvoir et de gloire, le narcissique à des degrés différents, qu’il soit manipulateur égocentrique voire manipulateur toxique « teinté de perversion » répète sans arrêt son numéro de charme pour attirer l’attention. Lui qui recherche sans cesse sur le visage de son auditoire l’expression d’une admiration, qui rejette avec moquerie, besoins et attentions d’autrui est perçu comme un héros car il anime les rumeurs, les bruits de couloir et les ragots.

Dans son approche à l’autre « la différence » le narcissique va rejouer en maniant l’ambigüité, en travestissant la réalité, en dissimulant la vérité, une configuration relationnelle déjà vécue « théâtre d’une symbiose perdue ». Hanté par une blessure narcissique profonde et totalement détaché émotionnellement, ce personnage traversé par un sentiment de toute-puissance cherche en se servant de sa cible comme un instrument, en accusant l’autre de ses propres tourments à combler un grand vide intérieur qu’il ressent. 

Dans les situations les plus inquiétantes, laissant toute liberté aux vices, il pratique le dénigrement, le harcèlement en déversant de faux témoignages auprès de son entourage. Les tiers dans une logique insensée sortent de leur neutralité en devenant acteur d’une complicité « fausse modestie-absence d’empathie » pour assouvir de funestes desseins. 

La face cachée…

Le narcissique dit égocentrique avide de gratification, d’approbation, de pouvoir, de splendeur et de réussite se vit en contemplant son image, comme spécial. Il a besoin d’être le meilleur, de contrôler, d’être adulé car incapable de s’appuyer sur un sentiment de sécurité et de stabilité.

Maître de la manipulation émotionnelle, il joue la carte de la victime envers l’autre pour attirer l’attention. N’étant pas concerné par la relation car, il n’éprouve ni respect, ni compassion, il incorpore « vampirisme » les qualités de sa victime pour protéger son architecture intérieure. En agissant par mimétisme, en reproduisant automatiquement ce qu’il observe et entend, en s’appropriant les mérites et le talent, la notion de l’autre extérieur à soi semble inexistante.

En attaquant le « moi » de sa victime, en faisant preuve de dédain et de mépris « utilise et jette » en affichant un sourire radieux et en jouissant de sa déroute, le narcissique de par ses attitudes hautaines qui se traduisent par une absence d’intérêt et d’empathie voire une jalousie maladive croit se revaloriser, ce n’est qu’une illusion.

Coupé de ses émotions et habile à manipuler les perceptions, tout en dissimulant ses véritables intentions, ce personnage ne perçoit pas autrui comme un égal doté d’une individualité propre mais comme une source d’approvisionnement narcissique, un automate utile à malmener.

Les violences insidieuses…

Le narcissique toxique pour agir en souterrain afin de distiller son venin, recherche une proie pour se régénérer. Il attire, fascine, s’infiltre dans le psychisme de l’autre comme une morsure muette, le modifie à sa guise puis règne en prédateur afin de faire porter à autrui son propre néant. Passer maître dans le maniement de la réalité, il s’engouffre dans la brèche que lui offre la vulnérabilité de sa proie, l’inonde de faux-semblants, de peur et de mensonges pour la maintenir dans une terreur relationnelle, le sordide étant son carburant.

Cet agitateur d’émotions, impressionné par cet autre qui représente à la fois un objet de fascination et de menace peut déployer en toute tranquillité ses actions de destruction sans rencontrer d’opposition. Fragiliser l’estime de soi, fissurer le socle des valeurs, brutaliser, provoquer l’effondrement intérieur, le narcissique toxique dans son travail de démolition envers sa cible, cherche à s’approprier sa personnalité pour masquer un risque dépressif constant. 

La victime se ternit dans ce milieu haineux dépouillé de magie, d’amour et de vie. Elle perd ses motivations, ses ambitions et son énergie, l’esprit se fait silencieux et le corps aussi.

« Une relation avec l’autre est impossible à construire
si la saine relation entre soi et soi qui construit le « je » n’existe pas… »

Michel ONFRAY « philosophe… »